Le roi et l’oiseau

Le roi et l’oiseau

De Paul Grimault - 1980 - 80' - France

Synopsis

En son château labyrinthique, le roi de Takicardie, triste personnage tyrannique et fat, se pâme d’amour pour une jolie bergère, peinte sur l’une des boiseries de sa chambre. Mais la bergère aime le ramoneur, son voisin. Les tourtereaux prennent la fuite. Furieux, le roi fait rechercher la bergère. Un oiseau, déjà fort occupé à sauver ses petits des coups de fusil dont le roi s’amuse à les cribler, vient en aide aux amoureux éperdus. Afin d’échapper aux sbires du despote, tous les trois se réfugient dans la ville basse. C’est finalement un robot conduit par le monarque qui parvient à les capturer. Désespérée, la bergère promet d’épouser le roi si celui-ci fait grâce au ramoneur et à l’oiseau…

Critique du 15/11/2008  Par Bernard Génin

Au royaume de Takicardie, le roi Charles Cinq-et-trois-font-huit-et-huit-font-seize, despote prétentieux, est amoureux d’une bergère. Mais la bergère aime le ramoneur. Pour échapper au roi, les amoureux trouvent refuge dans la ville basse…  On sait avec quelle patience Paul Grimault est parvenu à réaliser son rêve : remanier La Bergère et le Ramoneur, un film commencé avec Jacques Prévert en 1950, dont la finition leur avait été retirée par des distributeurs sans scrupule. Trente ans après, le poète du dessin animé a eu le dernier mot. A son ami disparu il rend le plus beau des hommages. Car tous les thèmes chers à Prévert sont là : la dénonciation de la vanité et de la bêtise et l’innocence et l’amour symbolisés par « la charmante bergère et le petit ramoneur de rien du tout ». Dans le coup de poing final du robot sur la cage aux oiseaux éclate la saine colère des deux amis contre toute entrave à la liberté. Rien de frénétique ici. Même les décors de la cité kafkaïenne semblent tracés avec tendresse.

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