Pierrot le fou

Pierrot le fou

De Jean Luc Godart - 1965 - 105' - Franco-Italien - Avec Jean-Paul Belmondo (Ferdinand Griffon) , Henri Attal , Maurice Auzel ...

 Synopsis:

Ferdinand Griffon, marié à une femme riche, s’ennuie dans le milieu mondain dans lequel elle l’entraîne. Au cours d’une soirée, il rencontre Marianne, une étudiante qu’il a connue cinq ans auparavant. Délaissant sa femme, il passe la nuit chez elle et prend la décision de ne plus en bouger. Son épouse demande le divorce. Marianne, mêlée à des affaires louches, trouve un cadavre dans son appartement. Les amants fuient avec la voiture du défunt et prennent la direction de la Côte d’Azur, où Marianne dit vouloir retrouver son frère. Sans le sou, ils attaquent une station-service. Marianne se plaît à appeler son amant «Pierrot». Leurs aventures les conduisent au bord de la mer…

 Critique du 30/04/2016  Par Jacques Morice

 » Solitude, fatigue, ratage, trahison, chagrin, intermittence du coeur, suicide. Le fond est cafardeux. La forme, elle, est affamée — c’est une boulimie prométhéenne d’art et de signes. BD, roman américain, série noire, musique symphonique, twist, chansonnette, peinture espagnole, pop art, lettrisme, architecture, pub : cinquante ans après Picabia et vingt ans avant le sampling, Godard pratique l’accumulation, le court-circuit, le collage, le recyclage, comme nul autre dans le cinéma.  Il est jeune, dingue amoureux des hanches d’Anna, il est dans l’élan, emprunte, donne énormément. Du Technicolor, de la Côte d’Azur, de l’action, de l’amour, de la haine, en veux-tu, en voilà. Le cinéma ? De l’émotion. C’est l’ami Samuel Fuller qui le dit… Godard fait comme si, et de cette imitation naît son devenir. Pierrot le Fou est le plus romantique et le plus romanesque de ses films. Ou celui qui a le plus envie de l’être. Entre éloge et fracture, enthousiasme et dérision, Godard balance, mais c’est le lyrisme — mélancolique — qui l’emporte. Parce que l’art sert à passionner le désert de la vie, Ferdinand et Marianne s’imaginent en personnages — elle persiste à l’appeler Pierrot —, jouent à s’aimer, s’aiment vraiment, s’ennuient, se perdent de vue et se retrouvent, hélas trop tard. Le hurlement de désespoir de Belmondo fait mal. Aussi mal que, dans la vraie vie, l’éloignement de Karina, qui abandonne son Pygmalion.  »

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