Belladonna, la Belladonne de la tristesse

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03 févr. 2017

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Belladonna, La Belladonne de la tristesse

De Eiichi YAMAMOTO - 1973 - 93 mn - Japon - VOSTF

Jeanne, abusée par le seigneur de son village, pactise avec le Diable dans l’espoir d’obtenir vengeance. Métamorphosée par cette alliance, elle se réfugie dans une étrange vallée, la Belladonna…

Après 43 ans, le chef d’oeuvre de l’animation japonaise enfin sur grand écran en version restaurée 4K.

La résurrection de Belladonna (source : Dossier de presse)

Belladonna fut longtemps le trésor caché de l’animation japonaise. Produite par le légendaire Osamu Tezuka (Le Roi Léo, Astroboy), ce e adaptation de La Sorcière de Jules Michelet (sortie en France en 1976) avait disparu de la circulation. Il n’en restait qu’une série d’illustrations somptueuses évoquant Klimt, Beardsley et Mucha, et les portraits de la sorcière elle-même, beauté décadente à la chevelure écarlate et à la peau d’ivoire. Si un DVD fut édité au Japon en 2004 puis en Allemagne en 2009, il manquait une véritable restauration.

Troisième volet d’une trilogie consacrée aux grandes femmes fatales, Jeanne, la sorcière de Belladonna, fait suite à la Shéhérazade des Mille et une nuits (1969) et à la reine d’Egypte de Cléopâtre (1970) également réalisés par Yamamoto. Ce dernier se libère de l’influence graphique de Tezuka pour livrer une relecture hallucinée du moyen-âge occidental. Le pré-féminisme du livre de Michelet est préservé : l’inquisition apparait comme un véritable gynécide, orchestré par une classe masculine affaiblie pour contrer la montée du pouvoir des femmes. Ce discours, accordé au Women’s Lib de l’époque, n’a rien perdu de sa virulence. Il s’accompagne d’une forme psychédélique éblouissante : le corps même de la sorcière devient le terrain de toutes les métamorphoses, laissant échapper un geyser de sang se muant en vol de chauve-souris ou transfiguré par une extase menaçant d’embraser le monde.