Conversation secrète

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11 mai 2017

En présence de Pierre Jailloux et Guillaume Bourgois !


Conversation secrète

De Francis Ford Coppola - 1974 - 115' - Américain - Avec Avec Gene Hackman (Harry Caul) , Teri Garr , Frederic Forrest (Mark) ...

Synopsis

Pour le compte d’un énigmatique Mister C, Harry Caul, un spécialiste des écoutes téléphoniques, capte la conversation entre une femme et un homme, au moyen d’un équipement ultra-perfectionné. De retour chez lui, il passe en boucle le dialogue du jeune couple, Mark et Ann. Très vite, Caul comprend qu’ils se sentent en danger et refuse de remettre les bandes à son commanditaire. En effectuant différents montages, il tente d’en apprendre davantage sur la menace qui pèse sur les jeunes gens. En son absence, son appartement est cambriolé. Les enregistrements disparaissent. Caul décide d’exploiter sa seule piste : l’adresse d’un hôtel où les jeunes gens pensent qu’ils vont être assassinés…

Critique du 23/05/2015 

Dans le domaine de la surveillance privée, Harry Caul, solitaire et glacé, est un as. Mais voilà qu’en espionnant, visuellement et auditivement, un couple dans un parc, il se persuade que les photos et les enre­gistrements qu’il va fournir à son employeur vont provoquer un meurtre…  C’est tout de même une époque où Francis Ford Coppola avait de l’ambition et un sacré talent. La séquence d’ouverture, par exemple, où l’on voit insensiblement le couple être pris au piège, apparaît savamment et suavement mise en scène. Presque antonionien, par les idées sinon par le style, Conversation secrète est une réflexion passionnante sur l’apparence (comme l’est Blow up) et les pièges qu’elle recèle.  Mais c’est aussi, bien sûr, en un temps où le cinéma américain avait l’habitude de dénoncer ses tares — nous sommes en plein Watergate —, une plongée inquiétante dans la paranoïa d’un individu et d’une nation. Certes, les moyens techniques qui permettent au héros de s’infiltrer dans la vie des gens ont bien évolué depuis mais, paradoxalement, le côté désuet des écoutes de Gene Hackman rend encore plus effrayant et dérisoire son professionnalisme, avec sa sécheresse, son refus des autres qui masquent si mal ses troubles et ses névroses. Cette formidable méditation sur l’aveuglement et la responsabilité, servie par une étonnante musique de David Shire, crée une angoisse diffuse. Palme d’or du festival de Cannes 1974. — Pierre Murat

Source: Télérama