Gare centrale de Youssef Chahine

La CinéGareCentrale5mathèque de Grenoble, en partenariat avec les Rencontres Ethnologies et Cinéma, est heureuse de présenter le magnifique film de Youssef Chahine Gare Centrale (1958), qui sera suivi d’une rencontre avec Jacques Barou, chercheur au CNRS, ethnologue et sociologue africaniste.

Pour présenter Youssef Chahine, nous reprendrons ici un extrait de l’article de Charles Tesson paru dans Les Cahiers du Cinéma au moment de sa disparition :

« Véritable homme public, Chahine l’était devenu, au-delà du cinéma, au-delà de la seule Égypte, et grâce ses films. Rares seront les cinéastes désormais, vu la tournure du cinéma et sa place dans les affaires du monde, à acquérir un tel poids politique dans l’exercice de leur métier, au fil de l’oeuvre tissée pendant de longues années, Chahine étant un réalisateur de films qui ne s’est jamais contenté d’être juste l’artiste qu’on aurait aimé qu’il soit, au nom d’une fausse idée de l’art détachée des contingences. Très vite, le cinéaste a pris en charge la chose publique, la res publica, en se mêlant de tout ce qui fait la vie de son pays et la vie du monde arabe dans la géopolitique mondiale, qui a bien changé, entre le moment de ses débuts en 1950 avec Papa Amine jusqu’à son dernier film en 2007, Chaos.

youssef-chahine_322Son oeuvre restera pour toujours le témoignage le plus précieux pour comprendre pas à pas tout ce qui a pu se passer, entre la décolonisation, les rêves d’indépendance, les aspirations à un socialisme arabe laïc, avec ses réussites et ses échecs (la corruption), ses défaites, la montée de l’intégrisme en réaction, les basculements d’alliance, entre Moscou et les États-Unis, les nouveaux rapports de force au sein du monde arabe (le poids économique grandissant des pays du Golfe, l’expansion du fanatisme et du terrorisme religieux) et la perception du monde arabe par l’Occident dans l’après 11 septembre, avec ses amalgames. »