Samedi 17 septembre : Cabiria, au Musée Dauphinois

Cabiria_MolochA l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, la Cinémathèque de Grenoble et le Musée Dauphinois s’associent pour proposer une séance exceptionnelle et présenter le premier péplum de l’histoire du cinéma : Cabiria, de Giovanni Pastrone, dans une copie restaurée par le Musée National du Cinéma de Turin.

Cabiria, «celle-qui-est-née-du-feu», jeune grecque de Catane en Sicile, rescapée d’une éruption de l’Etna, est enlevée avec sa nourrice par des pirates carthaginois. Sur un marché d’esclaves, elle est achetée par le grand prêtre de Baal pour être sacrifiée au dieu Moloch. La nourrice parvient à alerter un jeune patricien romain, Fluvio Axilia, espion de Rome à Carthage qui dépêche son serviteur, le bon géant noir Maciste, afin de délivrer l’enfant. Pendant qu’Hannibal traverse les Alpes, Cabiria est recueillie par la reine de Numidie, Sophonisbe, mais Maciste est enchaîné et réduit en esclavage. Les années passent. Cabiria est devenue une belle jeune fille, suivante de Sophonisbe…

Cabiria_versoC’est à la veille de la Grande Guerre qu’était sorti en Italie Cabiria de Giovanni Pastrone, qui l’avait réalisé sous le pseudonyme de Piero Fosco. Son scénario terminé, Pastrone s’était mis en rapport avec Gabrielle d’Annunzio, poète et dramaturge, afin de le lui soumettre, de lui demander de le parfaire et de le signer.

Cabiria fut un authentique chef d’œuvre et son succès partout considérable. Pastrone innova constamment durant le tournage de cette superproduction en imposant définitivement le décor construit et en bannissant les trompe-l’œil, afin que la profondeur – la troisième dimension – fut perceptible par le spectateur. Et il fit breveter un nouveau dispositif dont il a été l’inventeur : le carello, mieux connu aujourd’hui sous le nom de travelling ! Il usa systématiquement de la lumière artificielle des réflecteurs pour créer des effets et non pas tant pour suppléer à la lumière solaire.

Cabiria fut l’apogée du cinéma italien à grand spectacle et son influence fut évidente : le réalisateur américain D.W. Griffith fit l’acquisition d’une copie du film de Pastrone pour en étudier la technique, et Cecil B. DeMille a, lui aussi, vu le film à plusieurs reprises…

 «Jamais je n’oublierai le première fois que je vis l’extraordinaire Cabiria de Giovanni Pastrone… Si je ne m’attendais pas à la dimension et à la beauté immense de ce film, j’ai été pris au dépourvu face à la nécessité de revoir mes connaissances relatives à l’histoire du cinéma…» (Martin Scorcese)

Séance à 19h (avec un entracte de 15 minutes).

Séance proposée avec l’aimable participation dutesta