Tony Gatlif à Grenoble

EAffiche_les_princes-BDVE (dans le cadre de la Maison citoyenne Les migrations), La Cinémathèque de Grenoble, Les Cinéphiles Anonymes, Les Voix du Cante Flamenco présentent :

Les Princes, un film de Tony Gatlif, en présence du réalisateur.

avec Gérard Darmon, Muse Dalbray, Céline Militon, Concha Tavora, Farid Chopel, Anne-Marie Philipe.

 

Mardi 23 Novembre à 20h à l’Amphi Weill

sur le Campus Universitaire

Arrêt de tram Bibliothèques Universitaire (lignes B et C)

Entrée Libre

 

 

Le film :

 

Une cité HLM particulièrement vétuste de la région parisienne, dans laquelle vivent des gitans plus ou moins sédentarisés. Nara a répudié sa femme, Miralda, parce qu’elle prenait la pilule. Il vit là avec sa fille et sa vieille mère dans un bâtiment insalubre jusqu’au jour où ils sont expulsés. Ils prennent tous la route, à pied, pour aller voir un avocat des gitans en Belgique…

Misère, racisme, combines, larcins, poids de la tradition communautaire, ostracisme, Tony Gatlif, dans son 1° long-métrage qu’il a qualifié de coup de poing, livre une vision sans complaisance, sans pathos ni romantisme, sur la vie des gitans.

Un film jugé à sa sortie, trop misérabiliste, par une critique peu soucieuse de la réalité de leurs conditions de vies, mais aujourd’hui la réalité est peut-être encore plus sombre et plus honteuse qu’en 1982 : conditions sanitaires inhumaines des campements sans eau, sans électricité, sans moyens de se chauffer, faim, parcage, expulsions, stigmatisation, difficultés de scolarisation des enfants, illétrisme des adultes,….

 

Tony Gatlif :

Tony_Gatlif1BDNé d’un père kabyle et d’une mère gitane, Tony Gatlif, après une enfance à Alger, arrive en France en pleine Guerre d’Algérie. Sa rencontre avec Michel Simon en 1966, puis son entrée dans le monde du théâtre l’amène à réaliser un premier film en 1975, La Tête en ruine. Depuis Corre Gitano en 1981, il aborde le thème qu’il approfondira de film en film : les Roms du monde entier, dont il est devenu le chantre, mettant en valeur les conditions d’existence de cette communauté en mouvement, sa culture musicale d’une très grande richesse et d’une grande diversité. Latcho Drom (Bonne route), Gajdjo Dilo, Vengo, Swing, Transylvania et dernièrement Liberté, retracent l’épopée et la vitalité de ce peuple transnational (Tziganes, Gitans, Gitanos, Bohémiens, Romanichels, Gypsys, Zigeuner, Yenisches, Manouches, Sinti, Kalés, Romano Chavo,…) qu’est le peuple Rom.

 

 

La soirée du 23 novembre:

La projection du film sera suivi d’un débat avec Tony Gatlif, qui permettra d’aborder toutes les questions concernant la situation des membres du peuple Rom vivant sur notre territoire, alors qu’ils subissent des conditions d’existence inommables, qui bafouent les droits humains les plus élémentaires…

 

Quelques mots du contexte local :

Depuis le fameux Discours de Grenoble du 30 Juillet 2010 et les expulsions de plusieurs camps de Roms, le 8 Août à Voiron et le 18 Août à Saint Martin d’Hères, par les forces de l’ordre d’un Etat qui a ciblé clairement dans sa Circulaire du 5 Août les Roms en tant que tels, une lutte de chaque jour est menée dans l’agglomération grenobloise et à Voiron.

A la mi-septembre, un Collectif Solidarité Roms s’est crée. Depuis, de l’interpellation du Préfet de l’Isère et des Collectivités Territoriales (Métro, Conseil Général, Municipalités) aux dénonciations des charters de retours forcés ou de pressions au retour « volontaire », des concerts de soutien aux projections de films avec l’appui de structures culturelles locales, d’actions de résistance face aux tentatives d’expulsions à la construction avec les Roms eux-mêmes d’une salle commune de 50M² sur le Camp « officiel » du Rondeau, et jusqu’à l’occupation, depuis presqu’un mois, d’un bâtiment vacant, propriété du Conseil Général de l’Isère, les individus qui composent ce Collectif Solidarité Roms, mènent des actions à Voiron, Fontaine, La Tronche, Saint Martin le Vinoux et bien sûr à Grenoble, et ne lâchent pas prise.

Et même si les médias nationaux jusqu’à l’heure n’ont pratiquement pas répercuté et relaté cette lutte exemplaire, la presse locale (écrite, radio, télé) l’a largement fait, contribuant aussi à la mobilisation et à la solidarité d’une part croissante des individus et des associations de notre région.