Colloque « Le quotidien filmé. Archives filmiques et espaces publics », les 3 et 4 novembre

Colloque

Pour voir la restitution des deux journées de colloque sur le site du Réseau International Ambiances, cliquer sur l’image

 

Que tout film, pour peu qu’il ait recours à l’enregistrement, puisse revendiquer la capacité de garder la marque — visuelle et sonore — d’une époque, en témoignant de l’aspect et de l’agencement d’espaces urbains à une période donnée, est une évidence. Pour autant, cette évidence n’est pas sans engager une réflexion qui amène à interroger la notion d’archive filmique en mobilisant une série de concepts propres aux études urbaines, mais aussi propres aux études cinématographiques : la vue, la coupe, le plan, la séquence, la miniature urbaine, la synchronisation, etc.
Des concepts, mais aussi des démarches. En effet, une pensée contemporaine de l’archive filmique peut tout aussi bien se faire en acte, c’est-à-dire en actes de création, à travers des prolongements et des propositions artistiques qui réévaluent, remontent, déplacent cette logique filmique. La conservation de f ilms ne peut probablement pas tout à fait être isolée d’un faisceau de démarches qui remettent en mouvement l’archive filmique. En outre, une ville peut aussi être le site d’expériences filmiques, c’est par exemple le cas de Grenoble et du « détour » vidéo des années 70 autour de plusieurs artistes majeurs — dont Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville — puis, au début des années 80, avec les courts et moyens métrages rendus possibles par la Maison du cinéma et de l’audiovisuel. Des expériences filmiques, mais aussi des inventions techniques, en particulier à travers les créations de Jean-Pierre Beauviala. Que reste-t-il de ces expériences, qui sont notamment passées par le quartier de la Villeneuve, la grande opération urbaine innovante de ces mêmes années ? En s’intéressant au quotidien filmé, le colloque se construit selon un croisement entre les études cinématographiques et la recherche architecturale et urbaine. Ces deux voies mobilisent une réflexion sur le sensible et l’image, sur les ambiances et leurs représentations. Dans le cadre du projet de recherche ARC 5 « Archives filmiques en Rhône-Alpes : entre documents et création », le colloque convoque plusieurs exemples qui se sont proposés de filmer les espaces de la région ou à des bandes issues des collections d’institutions régionales, plus particulièrement celles du fonds de la Cinémathèque de Grenoble.
À partir de cet appui régional, ces deux journées ont l’ambition de déployer un cadre propice à des recherches plus vastes, à propos des liens entre archives filmiques et territoires urbains. Sans la prétention de « généraliser » les propositions à l’ensemble des territoires ou à l’ensemble du cinéma, le colloque a toutefois le souhait de proposer différents échanges et dialogues : entre disciplines (cinéma et architecture), entre territoires, entre supports, entre registres filmiques et artistiques. Le corpus de films convoqué concerne aussi bien le documentaire ou l’essai filmique, qui assument entièrement un « vision » et une « écoute » de l’espace urbain, que la fiction qui ne donne parfois, en passant, qu’un aperçu réduit, bref ou en arrière-plan, de l’espace traversé. La méthode peut donc être celle d’une attention au détail. Elle sera aussi celle d’une attention à la multiplicité des usages filmiques et, ainsi, à une hétérogénéité de ce qui, aujourd’hui, peut faire archive. Avec, en outre, une question : comment les films d’hier permettent-ils de regarder les espaces urbains d’aujourd’hui ?

Programme complet à télécharger ici : Le quotidien Filmé

Restitution des deux journées de colloque : site du Réseau International Ambiances