Focus sur le cinéma arménien

Focus sur le Cinéma Arménien

Dans le cadre d’une programmation culturelle arménienne initiée par la plateforme de coopération francoarménienne IRAPA entre le Département de l’Isère, les Villes de Grenoble, Vienne, Romans et leurs homologues arméniennes, et en partenariat avec le Musée de la Résistance et la Maison de l’image, la Cinémathèque de Grenoble propose 3 séances, 3 visions du cinéma arménien et de sa diaspora.
Nous vous proposons ainsi d’explorer 3 regards de cinéastes sur l’Arménie, au cœur de son histoire ou un peu plus à distance.

Lundi 4 décembre à 20h, au Cinéma Juliet Berto
Le cinéma de Artavazd Péléchian : programme de 3 courts métrages

  • Nous, de Artavazd Péléchian, 1969, 27 minutes
  • Les Saisons, de Artavazd Péléchian, 1975, 29 minutes
  • Notre siècle, de Artavazd Péléchian, 1982, 47 minutes

Séance en présence de Etienne Caire et de Vincent Sorrel, autour de la réalisation du film Artavazd Péléchian, Le cinéaste est un cosmonaute.

« Comment parler de ses films ? De l’image qui pulse à la façon d’un électrocardiogramme pas plat ? Et du son, vraie rumeur de l’espace ? » « Quel que soit le thème du film, Péléchian procède à la mise sur orbite d’un corps humain désorienté, pris dans la turbulence de la matière, là où il n’y a plus rien d’humain, rien de seulement humain, et où les éléments (terre, eau, feu, air) font retour. » 
Serge Daney, « À la recherche d’Arthur Péléchian », Libération, 11 août 1983.

Jeudi 7 décembre à 18h30, à l’Ancien Palais du Parlement (Place Saint André à Grenoble)
Une histoire de fou, de Robert Guédiguian,
2015, 134 mn, Sélection Officielle Cannes 2015
Avec  Simon Abkarian, Ariane Ascaride, Grégoire Leprince-Ringuet

« (…)grâce à ses acteurs, grâce à cet art qu’il possède de décrire des gens modestes sans surplomb, sans cynisme, sans second degré, il réussit indirectement à nous passionner pour l’histoire de la lutte des Arméniens pour la reconnaissance de leur génocide. Tout cela est intelligent et démontre la maîtrise totale et discrète qu’il a de l’art du récit.
Le couple Abkarian-Ascaride fonctionne à merveille : on est ému par leur tristesse, leur humanité, leur drôlerie, leur dignité. Bons sentiments ? Peut-être. Mais ces sentiments nous invitent – distinguo qui marque la subtilité du travail de Guédiguian – non à la commisération, mais à la compassion
. »
Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles, 06/11/15

Dans le cadre des « Jeudis du Parlement »

Vendredi 8 décembre à 20h, au Cinéma Juliet Berto
Calendar, d’Atom Egoyan,
1995, 74 mn
Avec Arsinée Khanjian,  Adamian Ashot, Atom Egoyan

« Tourné en 1993, […], Calendar semble faire bande à part dans l’œuvre d’Egoyan. Etrange petit film en 16 millimètres, réalisé en Arménie, avec une équipe légère. Le pays est alors ravagé par la guerre et la famine. On n’en trouvera ici nul écho : un photographe canadien d’origine arménienne se promène dans des paysages bucoliques, avec la femme qu’il aime. Voyage fortuit, dicté par une commande, douze photos d’églises pour un calendrier. […]
Qu’est-ce qu’être Arménien ? Le photographe, l’interprète et le guide représentent trois « niveaux de conscience » de cette identité. Le photographe n’en est pas seulement le plus éloigné : il a délibérément choisi de n’observer la « réalité » arménienne qu’à travers un objectif. Il se retranche derrière lui et interdit tout autre point de vue. Il cherche à recréer le « cadre parfait » de son Arménie secrète, proche des cartes postales de son enfance. »
Vincent Remy, Télérama, 25/03/1995