Retour vers le futur ! Spéciale Roger Corman

Ce vendredi 12 avril à 20h, rendez-vous avec Jean-Pierre Andrevon, pour la dernière séance de la saison du cycle Retour vers le futur :

À 20 h La chute de la Maison Usher

À 21 h 40 Le Masque de la mort rouge,

Deux superbes adaptations de deux nouvelles d’Edgar Poe par Roger Corman.

L’AUTEUR

La vie d’Edgar Poe (1809 – 0849) ne fut qu’une succession de drames qui le marquèrent profondément, la mort lui enlevant prématurément tous les êtres qu’il chérissait, d’où sa déchéance par l’abus d’alcool et de drogues. Ceci dit, dans son érudite et superbe biographie du Maître, Enquête sur Edgar Allan Poe, poète américain (Phébus), Georges Walter met à mal le portrait convenu d’un homme voué à l’autodestruction. Le « Bostonien » (comme il signait ses œuvres à ses débuts) est l’auteur d’admirables poèmes, de nouvelles souvent géniales et d’un passionnant roman d’aventures (Les Aventures d’Arthur Gordon Pymm) , riche matière qui fut fréquemment utilisée (et malmenée) par les cinéastes, lesquels s’intéressèrent surtout aux nouvelles, réservoir de thèmes fantastiques ou morbides d’une variété incontestable, baignant dans une ambiance macabre, où le diabolique se mêle parfois à l’humour noir, où la fatalité empoisonne des lieux maudits, où les obsessions d’un cerveau tourmenté ravagent des personnages voués aux pires excès. Trop souvent, il ne reste du texte adapté que le titre ! Il est certes difficile de traduire en images des œuvres dont le seul personnage est le narrateur du récit (exemple : Le Puits et le Pendule), où les dialogues sont absents. Il faudra attendre les années 1960 pour trouver, en la personne de Roger Corman, un réalisateur adaptant plusieurs textes de Poe avec le souci de ne pas trahir l’esprit des œuvres illustrées, basées sur des scripts intelligemment conçus de Richard Matheson ou Charles Beaumont. D’où ces deux métrages :

LA CHUTE DE LA MAISON USHER

House of Usher (USA, 1960)

Réal. : Roger Corman. Sc. : Richard Matheson, d’après la nouv. d’E.A. Poe. Ph. : Floyd Crosby. Déc. : Daniel Haller. Eff. spé. : Pat Dinga, Ray Mercer. Mus. : Les Baxter. Int. : Vincent Price, Myrna Fahey, Mark Damon, Harry Ellerbe, Bill Borzage, Mike Jordan. 1h20.

Première œuvre de la série de huit films où Roger Corman illustre magistralement le monde funèbre d’Edgar Poe, que reproduit ici avec un luxe de détails judicieux le script de Richard Matheson. C’est à une double décomposition que nous sommes conviés d’assister : celle de la vieille demeure lézardée, rongée par le sulfure sur lequel elle est bâtie et prête à ensevelir ses occupants – ce qu’elle fera dans un finale aussi dramatique que spectaculaire ; et celle du maître du logis, le noble Roderick Usher, hypersensible, ne supportant ni bruit ni lumière, vivant seul dans ce lieu maudit avec une sœur cataleptique qu’il enterrera vivante plutôt que de l’accorder à son prétendant, l’horreur dominant lorsqu’elle surgira de sa tombe pour se venger de ce frère criminel. La maison délabrée ensevelira sous ses décombres les deux personnages engagés dans une lutte démentielle. Les décors de l’intérieur du château, richement meublé, affichant les portraits sinistres de tous les Usher ancestraux, témoignent du soin minutieux avec lequel fut élaborée une mise en scène où l’aspect pictural et l’atmosphère funèbre s’interpénètrent harmonieusement. Les extérieurs (de studio), où une brume diffuse enveloppe des forêts aux arbres squelettiques, se retrouveront dans les autres films de la série, traduisant admirablement les premières lignes de la nouvelle : « Pendant toute une journée d’automne, journée fuligineuse, sombre et muette, où les nuages pesaient lourds et bas dans le ciel, j’avais traversé seul et à cheval une étendue de pays singulièrement lugubre. » Si l’on peut oublier un falot jeune premier (seule faiblesse du film), Roderick Usher, tourmenté physiquement autant que cérébralement, trouve en Vincent Price un interprète traduisant ses mille souffrances avec un art consommé, une présence inoubliable.

LE MASQUE DE LA MORT ROUGE

The Masque of the Red Death (G-B, 1964)

Réal. : Roger Corman. Sc. : Charles Beaumont, R.W.Campbell, d’après la nouv. d’E.A. Poe. Ph. : Nicolas Roeg. Eff. spé. : George Blackwell. Maq. : George Partleton. Mus. : David Lee. Int. : Vincent Price, Hazel Court, Patrick Magee, Nigel Green, Skip Martin, Jane Asher, David Weston. 1h29.

Si Edgar Poe a été parfois « oublié » dans les adaptations de ses textes, ce n’est pas le cas ici. On y retrouve presque intégralement ses phrases sulfureuses et ses personnages suintant la cruauté et le sadisme, le tout porté par une photographie chatoyante, régal pictural où décors et costumes constituent un kaléidoscope digne des plus riches palettes (ainsi de l’enfilade de salles reproduisant toutes les couleurs du spectre). Le film a été tourné en Angleterre, l’action étant concentrée sur un bal masqué donné à ses amis par le prince Prospero dans son château, alors qu’à l’extérieur sévit la peste. Ce petit monde de privilégiés se croit ainsi à l’abri du malheur, narguant bruyamment la Mort qui, selon eux, ne peut les atteindre. Le cruel Prospero refuse l’accès à sa forteresse aux malheureux paysans venus l’implorer de leur donner asile, mais il ne pourra empêcher la présence, parmi la foule des joyeux invités, d’un mystérieux personnage tout de rouge vêtu : c’est la Mort, qui vient faire moisson sans distinction de rang social. Elle prend le visage de celui qu’elle vient chercher et Prospero, au comble de la terreur, verra au moment ultime que l’inconnu a son propre visage. De la bruyante foule en liesse, il ne restera bientôt plus qu’une assemblée de cadavres. Le scénario a inclus l’adaptation d’une autre nouvelle de Poe, Hop-Frog, vengeance d’un nain (Skip Martin), qui se débarrasse de quelques seigneurs l’ayant humilié en incendiant le costume d’orang-outan dont ils étaient revêtus. Autre péripétie étoffant le script : la fureur de la favorite de Prospero (Hazel Court) pactisant avec le diable pour reconquérir ses privilèges enfuis, ce qui lui coûtera la vie.

 

LE RÉALISATEUR

 Roger CORMAN (1926, USA)

Roger Corman est né le 5 avril 1926, à Détroit, d’un père ingénieur dont il suit l’exemple en entreprenant des études de physique et de thermodynamique à l’université de Stanford, suite au déménagement de sa famille à Beverly Hills au début des années 1940. Il s’engage dans la marine en 1943 et, la Guerre finie, travaille quatre jours pour U.S. Electric avant d’en claquer la porte, appelé ailleurs par sa passion pour le cinéma. Il obtient en 1948 un emploi de coursier pour la Fox. Son assiduité l’amène à devenir lecteur et correcteur de scénarios, poste où il se signale par sa révision du script de La Cible humaine, un western avec Gregory Peck. Mais il n’arrive pas à décoller. Aussi, grâce à un GI Bill (pension permettant à un ancien combattant de reprendre des études), séjourne-t-il à Oxford où il étudie la littérature, puis en France, avant de retourner au pays et intégrer en 1952 une agence littéraire, la Dick Hyland Agency. Atterré par la médiocrité des scénarios qu’il reçoit, il se décide à franchir le pas et à en écrire. Bingo ! Il parvient à vendre un sujet policier à Allied Artists : c’est Highway Dragnet, pour lequel il touche 2 000 dollars, qu’il réinvestit dans sa première production de SF, The Monster of the Ocean Floor, tourné en six jours, pour 12000 dollars. Le film rapporte 110000 dollars. Toute la méthode Corman (empirisme, économie, rapidité) est déjà là, même s’il n’est pas encore aux commandes.

Nous sommes en 1954. Pour 50000 dollars cette fois, et un tournage de dix jours, Corman produit ensuite The Fast and the Furious, polar se déroulant dans le milieu de l’automobile. Le film est pris par une compagnie naissante créée par James H. Nicholson et Samuel Z. Arkoff, Realart, qui deviendra American International Pictures en 1956. Corman peut alors enfin passer à la réalisation, avec deux westerns, Five Guns West en 1955 et Apache Women l’année suivante, que suivront un policier, Swamp Women, et son premier film de science-fiction, Day the World Ended. En cette fastueuse année 1956, il tourne pas moins de huit films : The Gunslinger, It Conquered the World, Attack of the Crab Monsters, The Undead, Rock all Night, etc. Puis, en 1957, Teenage Doll, Sorority Girl, War of the Satellites, The Viking Women and the Sea Serpent, She Gods of Shark Reef – entre autres. Des films très vite emballés, avec les mêmes techniciens (Floyd Crosby à la photo, Daniel Haller aux décors, Ronald Stein pour la musique), les mêmes acteurs (Dick Miller, Leo Gordon, Richard Devon), parfois les mêmes décors et un usage maximal des décors naturels. Un tournant s’opère cependant dans sa carrière en 1958, avec la réalisation de Machine Gun Kelly, un polar qui donne pour la première fois la vedette à un certain Charles Buchinsky, autrement dit Charles Bronson, et recueillera enfin un franc succès critique – en France particulièrement. Corman, qui commence à exister en temps que metteur en scène, enchaîne avec I, Mobster, un film de mafia puis (retour au fantastique), avec Teenage Caveman et La Femme-guêpe. Son activité de producteur va de pair avec sa frénésie de réalisateur. C’est qu’il a enfin créé sa propre compagnie, Filmgroup, qui lui permet de donner leur chance à de nouveaux réalisateurs. Ainsi de Monte Hellman, avec The Beast from Haunted Cave, puis deux westerns minimalistes aujourd’hui cultes, L’Ouragan de la vengeance en 1956 et The Shooting en 1957, avec en vedette un jeune acteur qui ira loin et que Corman avait déjà utilisé dans Cry Baby Killer : Jack Nicholson. C’est avec lui qu’il réalisera deux autres œuvres passées à la postérité car emblématiques de son style : Un baquet de sang (1959), et surtout, en 1960, La Petite Boutique des horreurs, avec sa fameuse plante carnivore, deux comédies d’horreur à 50000 dollars dont la seconde sera bouclée en deux jours et demi non-stop.

Le miracle Poe. L’année 1960 marque un tournant, sinon dans la méthode Corman, au moins dans ses visées artistiques et l’inflation (certes toute relative) de ses budgets. Amateur des contes d’Edgar Allan Poe, il convainc ses producteurs Nicholson et Arkoff d’adapter La Chute de la maison Usher. Avec 200000 dollars à sa disposition, quinze jours de tournage, un technicolor somptueux dû au chef opérateur Floyd Crosby, un scénario de Richard Matheson et, last but no least, la prestation de Vincent Price en Roderick Usher, le résultat est plus qu’à la hauteur : il est proprement miraculeux, comme si une métamorphose avait eu lieu, la chenille Roger devenant le papillon Corman aux ailes de chatoyantes couleurs. D’un seul coup, en un seul film aux splendeurs gothiques, le réalisateur devenait l’égal des grands, comme Bava, Fisher qui l’avaient de peu précédé. Le filon ne demandant qu’à être creusé, suivront La Chambre des tortures, L’Enterré vivant (où Ray Milland prend la place de Price et, au scénario, Charles Beaumont celle de Matheson), L’Empire de la terreur, Le Corbeau (où successivement Peter Lorre et Boris Karloff rejoignent la troupe), La Malédiction d’Arkham (en réalité une adaptation de Lovecraft – la première du genre), et enfin Le Masque de la Mort Rouge et La Tombe de Ligeia. Ces deux derniers films bouclent un cycle exceptionnel, étant tourné en Grande-Bretagne, le second, de manière tout aussi exceptionnel, ayant été réalisé en extérieurs. Une dernière adaptation, Le Scarabée d’or, au script signé Charles Griffith, aurait dû conclure le cycle, si le projet n’avait été abandonné à la mort de Peter Lorre.

Deux autres films gothiques, ceux-là en noir et blanc, The Tower of London (1962) et The Terror (1963), prennent place dans cette faste période, le second  voyant les débuts de Francis Ford Coppola. Ici culmine la méthode Corman, mêler les genres et les gens en allant vite, toujours plus vite. Ce qui n’empêche pas le réalisateur de s’essayer à des projets plus personnels. Ainsi, The Intruder (1961), qui aborde la ségrégation raciale dans le sud des États-Unis, à propos de l’accès des enfants noirs dans une école. Tourné sur place et non sans problème, l’œuvre demeure son plus grand échec financier, malgré un prix à Venise et une projection à Cannes. Corman retourne en Europe où il tente vainement de monter d’alléchants projets : notamment les adaptations de La Colonie pénitentiaire et du Procès de Kafka, du Portrait de l’artiste en jeune homme de James Joyce. Mais, au moins y rencontre-t-il sa future femme, Julie Halloran, une étudiante postulant pour devenir son assistante. De retour aux USA, Corman rejoint la Fox, pour laquelle il réalise The St. Valentine’s Day Massacre (1966), qui retranscrit méticuleusement les événements précédant l’élimination des hommes de Bugs Moran par ceux d’Al Capone dans le Chicago de 1929. Puis ce sont successivement ses deux films de contre-culture, The Wild Angels (1966), sur un gang de motards néo-nazis californiens, et l’année suivante The Trip, sur une autre sorte de voyage, celui-ci avec le LSD comme carburant. Devenues cultes, ces deux œuvres révèleront Dennis Hopper, Bruce Dern, Peter Fonda, sans oublier la présence du toujours indispensable Jack Nicholson. Assez anticonformiste aussi, Bloody Mama (1969) est une nouvelle histoire de gangsters, présentant le personnage de Ma Barker, qui couche avec l’un de ses fils. Il ne reste plus à cet homme à tout faire qu’à réaliser deux films : la même année, Gas-s-s-s !, et la suivante, Le Baron rouge, sur Manfred von Richthofen, l’as de l’aviation allemande de la Première Guerre mondiale. Mais des problèmes de production le poussent à fonder sa propre compagnie, New World Pictures, où il est bien décidé à produire à la chaîne des films d’exploitation, tournés par des réalisateurs débutants qui se formeront au métier. Pour Corman, une page est tournée, brutalement : malgré de nombreuses velléités, il ne reviendra devant la caméra que vingt ans plus tard, pour Frankenstein Unbound, d’après un roman de Brian Aldiss. Mais le cœur n’y est plus.

Nous passerons rapidement sur l’intense activité de Corman simple producteur  (films de motards encore, productions de ce sous-sous genre qu’est le Women-In-Prison). Son souhait de lancer de jeunes réalisateurs s’exerce avec éclat en 1972, année où il permet, avec Bertha Boxcar, un drame sur l’Amérique des années 1930, à un certain Martin Scorsese de mettre le pied à l’étrier. Une autre pratique courante de la New World était d’acquérir des films étrangers et de les refaçonner pour le public américain en y ajoutant des séquences inédites. Le film catastrophe japonais Tidal Wave (1973) est représentatif de ce procédé, spécialité d’un jeune monteur du nom de Joe Dante, qui ne devait pas tarder à passer lui aussi derrière la caméra avec son Piranhas (1978). Une autre activité de New Word était la distribution de films européens d’art et d’essai, comme Cris et chuchotements de Bergman, Amarcord (Fellini) ou encore L’Histoire d’Adèle H. de François Truffaut – films parfois diffusés dans les drive-in. Cependant, les bénéfices de la New World commencent à baisser sérieusement, l’attente du public se tournant de plus en plus vers les blockbusters. En 1982, Corman est contraint de vendre New World Pictures, ce qui n’ira pas sans tracasseries allant jusqu’au procès. Ce qui le conduit à créer une autre compagnie : Concorde Films (qui plus tard deviendra Concorde/New Horizons), où il devait rester très impliqué dans l’aspect créatif des films. Dans les années 1990, Corman continue à produire des œuvres lorgnant sur les succès de l’année ou de la décennie (la série des Carnosaur, sur la mode Jurassic Park). En cette fin de la seconde décennie du XXIe siècle, outre ses 56 cinquante-six réalisations, plus de 400 productions et un Oscar d’honneur reçu en 2010 pour l’ensemble de sa carrière, l’homme aspirerait-il à prendre sa retraite ? Le plus tard possible, espérons-le. Et pour plus dé précisions, on lira avec passion et amusement son autobiographie de 1990, Comment j’ai fait 100 films sans jamais perdre un centime, traduit tardivement l’an dernier chez Capricci.

 

 L’ACTEUR

Vincent PRICE (USA, 1911-1993)

C’est l’un des Grands Seigneurs du film fantastique, venu tout droit du théâtre, et notamment du Mercury d’Orson Welles. Personnage majestueux, imposant, capable de tout jouer et de faire accepter n’importe quelle situation surnaturelle avec un art consommé, sachant interpréter les caractères les plus étranges et dominer les événements les plus terrifiants. Plus de cent films en un demi-siècle de carrière à partir de 1938, sans compter d’innombrables prestations télévisées et des années de triomphe sur scène. De haute taille, visage allongé aux traits fins, regard capable de refléter les sentiments les plus paroxystiques, un charme vénéneux se donnant libre cours dans les héros funèbres de Poe dont il demeure le meilleur protagoniste. Price a joué les traîtres ou vilains de maintes aventures mouvementées, des personnages troubles dans les films noirs (Laura). Il fut l’Homme invisible à l’Universal et l’Homme au masque de cire à la Warner. Mais  ce sont les années 1960 et 1970  qui le voient accumuler  le plus grand nombre de rôles fantastiques, tout d’abord dans la série réalisée par Roger Corman d’après les œuvres d’Edgar Poe. Mais il fut également le cruel seigneur du Château du dragon, un Maître du monde vernien, le juge Cordier de Maupassant, le Diable lui-même (L’Histoire de l’humanité), le sanglant Richard III (version 1960 de La Tour de Londres), Omar Khayyam (Le Fils de Sinbad) et divers tueurs peu communs (Shock, Le tueur porte un masque, La Maison de tous les mystères). Bref, une impressionnante galerie de personnages hors norme.

Deux autres créations peu ordinaires jalonnent cette superbe carrière, comme L’Abominable docteur Phibes, au visage détruit, poursuivant une implacable vengeance, chacun faisant l’objet de deux films. Vers la fin de sa grande période, Price tourne souvent en Grande-Bretagne, notamment avec Christopher Lee (Lâchez les monstres, Le Cercueil vivant). Rappelons aussi l’excellent Maison de la peur (avec Cushing et Lee), et le savoureux Club des monstres, qui le voit devenir vampire à son tour. En fin de parcours, Edward aux mains d’argent lui permet une sortie majestueuse offerte par le jeune admirateur-réalisateur Tim Burton, qui l’avait déjà employé comme voix dans son premier court métrage, Vincent. Si l’on ajoute ses excellentes créations hors fantastique (le Richelieu cauteleux des Trois Mousquetaires, le duc de Clarence dans la version 1939 de La Tour de Londres, le pourvoyeur d’esclaves des Dix Commandements, etc.), Vincent Price, crédité d’environ 170 films, téléfilms et épisodes de séries, reste bien, entre tous, Monsieur Fantastique

(Toutes ces notices sont tirées de mon ouvrage Cent ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction, naturellement consultable à la Cinémathèque. Certains de ces textes ont été rédigés en collaboration avec un de mes co-auteurs, le regretté Pierre Gires)

Jean-Pierre Andrevo