Le mot de la présidente du CNC

fbredin« Ô temps, suspends ton bol » commente Raymond Queneau dans le poétique court métrage pétrochimique de 1958, Le Chant du styrène, d’Alain Resnais. Telle est la mission des cinémathèques, préserver de la marche irrévocable du temps des pans entiers de notre histoire.

La 37ème édition du Festival du Film Court en Plein Air, organisée par la Cinémathèque de Grenoble, poursuit son œuvre de découverte et de diffusion du format court.

Sur la place Saint André, au cœur de la ville et à ciel ouvert, le public pourra découvrir et redécouvrir, hors compétition, les courts métrages d’Alain Resnais, issus des collections de la Cinémathèque de Grenoble. Le festival rendra hommage au génie humoristique et pédagogique de ce révolutionnaire du 7ème art, qui a manié avec la même dextérité autant les difficultés propres au film d’art (Van Gogh, Paul Gauguin, Guernica) que les pages tourmentées de notre histoire, notamment dans Nuit et Brouillard, ou encore dans son réquisitoire contre le colonialisme en Afrique sur fond de poème à la gloire de l’art africain traditionnel, Les statues meurent aussi, coréalisé avec Chris Marker.

Au patrimoine d’hier viendra s’ajouter le patrimoine d’aujourd’hui : la Cinémathèque de Grenoble, dans son nouvel écrin, s’enrichira des nombreuses archives de la société de production Sacrebleu Productions.

Enfin, les séances consacrées au réalisateur Christophe Loizillon, parrain du concours scénario 2014, et aux films réalisés ces dernières années grâce à la bourse du concours de scénario organisé avec le G.R.E.C., étayeront le rôle essentiel de tuteur que cette association, soutenue par le CNC, joue auprès des jeunes auteurs-réalisateurs de court métrage.

Je salue le remarquable travail de la Cinémathèque de Grenoble, ce temple de la mémoire et partenaire indispensable de l’ambitieux projet de plateforme documentaire CINECULT’, lancé par le CNC l’année dernière en association étroite avec plusieurs cinémathèques de France.

Frédérique Bredin, Présidente du CNC