Courts-métrages et séries au féminin

Masterclass animée par Éloïse Pommiès, Coordinatrice de l’association grenobloise Cliffhanger.

A l’heure où les séries occupent une place importante dans nos pratiques culturelles, le Festival du Film Court en Plein Air de Grenoble propose de faire une mise en parallèle entre formes sérielles et courts-métrages; le tout accordé au féminin.

La forme sérielle existe depuis toujours dans les arts visuels et littéraires (peinture, photographie, roman-feuilleton). Depuis sa naissance en 1895, le cinéma s’inspire de ces matières artistiques préexistantes pour s’épanouir. En 1917, Louis Feuillade réalise Judex, long-film de 12 épisodes allant de 15 à 60 minutes, projeté en salles de cinéma de façon hebdomadaire. Ce long-film, plus connu sous le nom de « sérial », montre bien que l’histoire des courts-métrages et des séries est conjointe.

La présence des cinéastes dans l’écriture de séries ne date pas d’hier, ils et elles en sont même les pionnier.e.s. Pour autant, on s’interdit de dire que la série tutoie le cinéma. Pour quelles raisons ? Quelles différences fondamentales il y a  t’il entre ces deux formats ?

Pour se rapprocher davantage de notre thématique, il est important de souligner que Louis Feuillade travaille avec l’une des premières femmes de cinéma : l’actrice et réalisatrice Musidora (1889–1957), interprète du personnage principal Irma Vep dans le sérial Vampires (1915), puis de Diana Monti dans le fameuxJudex. Plus tard, Ida Lupino (1918-1995) réalise et écrit certains épisodes de séries télévisées, dont deux de la mythique Alfred Hitchcock présente (1955-1962), créée comme son nom l’indique par le maître du suspens.

Quelle place ont les femmes dans l’écriture, la réalisation ? La télévision et les séries sont-elles de bons vecteurs concernant la place de la femme dans l’industrie télévisuelle, et sa représentation de manière générale ?

A l’exception de quelques sitcoms telles que I love Lucy (1951-1957) et Mary Tylor Moore Show (1970-1977), qui ont bousculé les habitudes en montrant pour la première fois sur le petit écran des femmes qui tentent de s’émanciper et de s’épanouir dans leur carrière professionnelle, il faudra attendre les années 90 pour qu’une révolution s’opère dans le milieu de la télévision. L’arrivée des chaînes câblées offre une liberté d’écriture donnant naissance à des séries qui n’ont rien à envier en termes de qualité au cinéma. Mais il faudra véritablement attendre les années 2000 et plusieurs mouvements féministes, pour que des Michelle King (The Good Wife), desLena Dunham (Girls), desJenji Kohan (Orange is the New Black), desJane Campion (Top of the Lake), des Natasha Lyonne (Poupées Russes), des Virginie Brac (Engrenages), et bien d’autres, fassent réellement évoluer la place de la femme, sur les écrans, dans les writers room, comme sur les plateaux de tournages.

Qui sont ces réalisatrices ? Pourquoi ont-t-elles choisi de se tourner vers les séries ? Quels rapprochements font-t-elles entre leurs œuvres et le cinéma ? Quelles en sont les limites ? Cette masterclass tente de répondre à ces questions à travers une analyse historique et esthétique croisée entre les courts-métrages et les séries à forts caractères féminins.

À la suite d’un parcours mêlant recherche, production cinématographique et programmation, Éloïse Pommiès a créé et coordonne l’association grenobloise Cliffhanger, qui a pour objet la valorisation et la transmission des séries dans les espaces publics et culturels, à travers deux actions principales : l’éducation aux images et la diffusion.

 

Jeudi 4 juillet – 14h30

Maison de l’International


Le Festival du film Court en Plein air de Grenoble est organisé par la Cinémathèque de Grenoble

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