Cycle Alfred Hitchcock

HitchcockLa récente disparition de Rohmer et Chabrol est l’occasion de nous rappeler qu’avec Truffaut, les trois critiques des Cahiers du Cinéma ont été les premiers à défendre Hitchcock devant ceux qui le réduisaient au statut de réalisateur commercial . Cette rétrospective sera un beau moment pour redécouvrir la singularité, la force et la grande richesse du cinéma hitchcockien.

Cycle proposé en collaboration avec le CCC (Centre Culturel Cinématographique).

Cette rétrospective est née d’une volonté commune de faire découvrir et redécouvrir au public une partie de l’immense œuvre d’Hitchcock.  Cinéaste emblématique du XX è siècle, il a été un des pionniers de l’utilisation du son et de la couleur au cinéma, souvent à la pointe des innovations techniques et toujours à la recherche d’inventions formelles. Le cinéma hitchcockien, au delà de l’incroyable popularité acquise par sa capacité à divertir le spectateur et à le mettre dans un état de tension grâce au suspense, est un cinéma au propos dense et engagé. C’est pourquoi ce cycle se veut à son image  : divertissant, éclectique et exigeant à la fois.

Imagehitchcockcmjn

Mise à part la période muette, toutes les phases de sa carrière seront représentées. La  période anglaise avec L’homme qui en savait trop (1934) et Les 39 marches (1935) ; les débuts américains avec Mr and Mrs Smith (1941),  L’ombre d’un doute (1943) et Lifeboat (1944) ; la période de consécration avec Fenêtre sur Cour (1954) et Psychose (1960) et enfin Frenzy, (1972)  huit ans avant sa mort en 1980.

Parmi ces films, certains ne sont pas à présenter. Si Psychose et Fenêtre sur Cour sont des classiques déjà connus de beaucoup, en faire l’expérience sur grand écran (ne serait-ce que pour la scène de la douche ou le gros plan du visage  Grace Kelly) sera l’occasion de partager la même expérience que les spectateurs de l’époque. Concernant les autres films, nous dirons simplement que chacun possède une originalité représentative de ce qu’apporta Hitchcock au cinéma. L’homme qui en savait trop et Les 39 marches sont deux modèles du cinéma d’espionnage, mêlant humour, suspense, inventivité visuelle et une histoire incroyable mais exaltante. Mr and Mrs Smith est une rareté dans  la filmographie car il s’agit d’une de ses rares pures comédies, dans l’esprit des screwball comedy de l’époque. L’ombre d’un doute pourrait être considéré comme la quintessence de tout le cinéma hitchcockien, par sa mise en scène, son scénario, sa photographie, l’utilisation de la caméra et le jeu des acteurs. Hitchcock ne s’y trompait pas quand il affirmait qu’il s’agissait de  son film préféré. La projection de Lifeboat sera l’occasion de découvrir un film sur la guerre, dont la richesse thématique est doublée d’un véritable défi technique pour l’époque : faire tenir neuf passagers sur un radeau en pleine mer, pendant une heure trente de film. Enfin Frenzy est l’exemple d’un ultime sursaut de créativité du cinéaste, dont la carrière déclinait depuis une dizaine d’années. Sombre et drôle à la fois, ce film choqua pour sa violence inhabituelle pour un cinéaste habitué aux restrictions de la censure.

Chaque projection sera précédée d’une présentation et suivie d’un débat, afin d’apporter une perspective contemporaine sur un cinéaste que nous pensons intemporel.