Cycle Traversées urbaines

 

 

Mardi 6 décembre 2012 à 19h30, salle Juliet Berto à Grenobleetudes sur paris
Etudes sur Paris
d’André Sauvage (1928)
N&B Muet – 75 mn – restauration 35 mm
Séance précédée d’une intervention de Beatrice de Pastre, directrice des collections aux Archives Françaises du Film.
Le film sera accompagné au piano par Jean-Marie Gonzales.
Une soirée co-organisée par L’Institut d’Urbanisme de Grenoble, les Archives Françaises du Film et la Cinémathèque de Grenoble.
Projection Salle Juliet Berto, Passage de l’ancien Palais de Justice à Grenoble.
Ouvert à tous publics (participation de 5€ par séance).
 
Introduction sur Marcel Poëte, Victor Perrot et le cinéma comme mémoire de la ville.
Résumé du film : Portrait de Paris et de sa population en cinq études : Paris-Port, Nord-Sud, les îles de Paris, la petite ceinture et de la tour Saint-Jacques à la montagne Sainte-Geneviève : – Par le canal Saint-Denis et ses écluses, les péniches gagnent le bassin de la Villette. Elles approvisionnent les usines du bord de Seine. Une portion du canal Saint-Martin est souterraine avant la Bastille. L’île Saint-Louis attire une population variée. – La traversée nord-sud de Paris, de la porte de Versailles à Montmartre, dévoile la vie économique de la capitale. – L’île Saint-Louis et ses environs sont des lieux de promenade des Parisiens. – Le train de la petite ceinture longe les jardins ouvriers et rejoint les anciennes fortifications. – Les 5e et 6e arrondissements possèdent les monuments les plus prestigieux et le  jardin du Luxembourg invite à la flânerie.

 

Résumé de l’intervention proposée par Béatrice de Pastre (AFF)

Quelques mois après la première séance du cinématographe Lumière, l’idée de constituer des archives cinématographiques fut défendue par le photographe polonais Bolesaw Matuszewski. Création du dépôt légal de ce qui n’état pas encore le cinéma, utilisation de celui-ci pour l’éducation et l’écriture de l’histoire, toutes les grandes missions des archives cinématographiques étaient ainsi exposées dès août 1898. Ces idées qui rencontrèrent un succès d’estime mais guère de réalisation concrète, furent appréciées par un amateur d’estampes, iconographe de Paris : Victor Perrot. Celui-ci avait assisté à l’une des premières séances du Grand café et de l’impression forte que lui fit ce nouveau spectacle, il conçut comme Matuszewski la nécessité de conserver les traces du présent grâce au cinématographe. Il entreprit une véritable croisade au tout début des années 1910 pour doter Paris d’archives cinématographiques. Elles recèleraient ainsi à tout jamais des images mouvantes de ses rues, ses parcs, ses transformations architecturales et urbanistiques. Marcel Poëte, conservateur de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, alors bibliothèque Saint-Fargeau, fut attentif à ce projet et offrit d’accueillir les premières bobines parmi les pièces qu’il conservait. Le dialogue entre les deux hommes permet de mettre à jour tous les problèmes matériels  à affronter pour la mise en œuvre des archives cinématographiques ainsi que l’importance de l’image animée pour la compréhension de l’espace urbain.

Le vœu de Victor Perrot, de Marcel Poëte et de bien d’autres contributeurs fut satisfait en 1925 avec la création de la Cinémathèque de la Ville de Paris. Ses missions étaient de constituer une collection de films pour l’enseignement et de conserver « les films propres à constituer les archives cinématographiques de la Ville de Paris ». Faute de moyens cet objectif ne fut que partiellement rempli, mais la jeune institution fit malgré tout l’acquisition de quelques films notables de part leurs qualités esthétiques qui mettaient en exergue les particularités architecturales, les flux de circulations et les activités du peuple de Paris. Parmi eux, Etudes sur Paris de André Sauvage. On comprend que l’originalité de l’écriture documentaire et la recherche photographique développées par le réalisateur séduisirent les animateurs de la Cinémathèque qui, en faisant rentré ce film dans les collections municipales, assuraient à celles-ci de conserver une trace inestimable de son histoire.