Les petites formes

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23 avril 2015

Une petite forme spéciale ce soir, concoctée avec amour par les artisans de votre Cinémathèque préférée.
Chacun de nous a en effet choisi un court-métrage qu’il aime particulièrement, pour une chouette programmation variée et pleine d’envie de partager ce que nous aimons. Au programme :

 

The-sick-boy-and-the-tree-HDThe sick boy and the tree, de Paul Jaeger (animation, France, 2009, 3’52)
Un jeune garçon malade s’accroche à son dernier espoir…
L’espoir ne serait-il qu’une illusion ? Difficile de répondre à ce vaste questionnement philosophique en quelques lignes. Paul Jaeger donne quelques pistes de réflexion dans ce court métrage d’animation en volume, adapté d’une nouvelle écrite par son père, en soulignant que certaines illusions sont parfois des nécessités vitales pour supporter l’existence et affronter ses épreuves. Doté d’une narration en rimes et en anglais, ce conte évoque le premier court métrage de Tim Burton, Vincent’, une autre ode à l’imaginaire et au rêve.

 

lecontedescontes

Le Conte des contes, de Youri Norstein (animation, URSS, 1979, 26′)
Le Conte des contes est largement inspiré par une berceuse traditionnelle russe, Баю баюшки баю, imagée tout au long du film par le petit loup gris.
Plus que les nouveaux cinéastes japonais (Miyazaki, Takanata…), Youri Norstein reste définitivement le plus grand. La présence obsédante de la guerre et de la mort désincarnée hante ce chef d’oeuvre. Les berceuses du petit loup gris sont notre impossible besoin de consolation, et la balançoire que veut bien pousser un minotaure est la fraternité d’une vie chancelante. Le Conte des contes a été désigné comme le meilleur film d’animation de tous les temps en 1984. Ce film, si court, est d’une ampleur mystique à l’égal de Tarkovski, avec en plus une ferveur panthéiste qui donne un sens au passage terrestre. Rigueur et pudeur, tendresse infinie et dénonciation de la folie des hommes (le défilé des soldats fait penser à Kantor), font des dessins animés de Norstein une parabole morale et imbibée de compassion.

 

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Le Skate moderne, d’Antoine Besse (France, 2013, 6’43)
♥ Grand Prix ex-aequo 2014 et Prix Format Court 2014
Entre fiction et documentaire, la vidéo suit de manière contemplative une bande de skaters/fermiers dans les coins les plus reculés de la Dordogne.
Le film ne dure que six minutes et pourtant, il saisit complètement son spectateur tant par l’originalité du sujet que par la manière dont le réalisateur axe sa vision et sa narration. Il alterne des plans de skateurs filmés comme dans un clip ou un ballet avec des regards face caméra dont les propos sont superposés en voix off. Les images de glisse sont sublimées par l’utilisation de travellings et de ralentis rythmés par de la musique classique, avec un travail précis sur la lumière pour reconstituer au mieux l’ensoleillement des champs en fin de journée ou cette brume matinale qu’on ne voit que dans les campagnes… La nature est belle, tranquille et les skateurs apparaissent alors comme des chevaliers des temps modernes sortis de nulle part.

 

in-loving-memory-girlIn loving memory, de Jacky Goldberg (fiction, France, 2011, 9’03)
Une lettre d’amour des limbes du souvenir où se mêlent charme rétro des pellicules Super 8 et science-fiction futuriste.
Neuf minutes suffisent à transporter dans l’univers de Jacky Goldberg. In living memory ouvre une fenêtre très personnelle sur un thème cher au cinéma : la mémoire. Un titre comme un hommage sans adresse, dans une version anglaise qui sonne, et résonne sans doute plus que sa traduction dans la langue de Molière. Un film sur le souvenir, la filiation et le manque. Entre images pop, symboles d’une période inspirante (les sixties) et voix off féminine anglophone, on retrouve ici tout l’imaginaire du réalisateur déjà esquissé dans son précédent film Far from Manhattan. Un film extrêmement moderne et universel porté par une réalisation qui joue sur la corde sensible sans tomber dans la sensiblerie.

 

 

gran-carreraLa gran carrera, de Kote Camacho (fiction, Espagne, 2010, 6’24)
1914. Une course de chevaux dotée d’un prix inouï est annoncée par le speaker. Huit des meilleurs chevaux et tant d’autres venus du monde entier s’y sont inscrits. Les fans et les nantis de tous les continents se sont réunis pour cet évènement : Le Grand Prix d’un demi-million. Détournement surréaliste d’images d’actualités.
Kote Camacho installe habilement une atmosphère en jouant avec les images d’archives et les prises de vues réelles, et en utilisant avec parcimonie les effets spéciaux. Amplifié par l’enthousiasme des turfistes, il parvient à faire basculer son récit dans une inquiétante étrangeté, et à faire planer l’ombre de Luis Buñuel sur cet atypique hippodrome.

 

 

il-etait-une-fois-lhuile-vincent-paronnaudIl était une fois l’huile, de Winshluss (animation, France, 2010, 14’40)
Dans le garage d’une maison tranquille, deux enfants fouillent les étagères et renversent par mégarde un bidon d’huile. Une goutte tombe à terre et se métamorphose en Goutix, la mascotte officielle des huiles Méroll, friture et moteur, emmenant les marmots faire un voyage merveilleux dans l’usine en question.
Fable satirique incisive et très drôle, le film nous parle de consumérisme décomplexé, de propagande publicitaire et de la politique du global corporating, tout en évitant les écueils propres à ce type d’engagements. Bien animé, très inventif dans l’utilisation de plusieurs styles d’animation, Il Etait Une Fois l’Huile est peut-être l’une des oeuvres les plus abouties de son auteur.

 

… Et peut-être aussi… d’autres surprises. Chouette.

 

♥  ♥  ♥  Depuis octobre 2014, la Cinémathèque vous accueille dans ses nouveaux locaux au 4  rue Hector Berlioz.

cinematheque-ninaTous les jeudis, de 18h à 20h, les « Petites formes » proposent un « cinéma permanent » pendant 2 heures : des films courts y sont projetés en boucle. Il n’y a pas d’heure d’arrivée, on y passe comme on a envie.
C’est aussi l’occasion de découvrir les espaces et les projets, de rencontrer l’équipe et d’échanger autour d’un verre.

Ces « Petites formes » sont polymorphes… En écho à la programmation, elles sont également des temps de rencontres avec des réalisateurs, vidéastes, associations… Leur contenu est annoncé au fur et à mesure, sur le site Internet et via la Newsletter (pour s’y inscrire, cliquer sur le petit logo enveloppe).