Cinéma de quartier n°6
30 nov–5 déc 2026
On décrit souvent les classes populaires comme dispersées, résignées, muettes. Ce point de vue, souvent extérieur, est aveugle aux organisations réelles qui se tissent dans les quartiers. Des organisations qui prennent place dans des lieux qui ne sont pas directement politiques : les gymnases, les salles polyvalentes, au sein des clubs et associations et qui s’agrègent autour de pratiques quotidiennes dont on sous-estime bien souvent la portée.
On nous dit aussi que ce monde-là est dominé par les sentiments, par des impulsions sans lendemain. Mais c’est peu dire qu’en son sein, y compris dans des luttes qui touchent à l’identité, la vie, la santé, se développent des analyses et des positions qui n’ont rien à envier aux discours les plus savants. Les collectifs qui les produisent enquêtent, documentent et pensent leurs conditions d’existence avec une rigueur qu’on leur reconnaît trop peu.
On pense enfin que la mémoire n’y a pas sa place, que les mouvements du passé y sont systématiquement enterrés. Et pourtant les archives sont là, et nombreuses sont les personnes qui s’obstinent à les faire exister, à les transmettre, à tout faire pour ne pas rompre le fil de l’histoire de celles et ceux qui ont mis leur énergie à faire vaciller l’ordre existant.
__________
Édito
Cette sixième édition de Cinéma de quartier rassemble des films qui, à leur manière, portent cette force : celle des organisations, des luttes, des mémoires. Des films qui s’inscrivent au plus près du mouvement réel qui anime les gens, pour transformer collectivement nos vies.
Mais montrer ces dynamiques populaires pose une question qui n’est jamais réglée d’avance : comment les représenter ? Filmer n’est jamais un geste neutre, c’est déjà choisir une forme, un point de vue, une adresse. Cette semaine de projections et de discussions sera l’occasion de se poser ces deux questions, pour le moins essentielles : qu’est-ce qu’un art politique ? Qu’est-ce qu’un art populaire ? Ou comment le cinéma peut accompagner l’émancipation.
L’ensemble des projections et des rencontres sont accessibles gratuitement et sans réservation, dans la limite des places disponibles.
__________
Jeudi 3 décembre • 9h–18h • Cinéma Juliet Berto (Passage du Palais de Justice, Grenoble)
COLLOQUE
PENSER LA RICHESSE DES CINÉMAS PAUVRES DANS LE MONDE AU XXIe SIÈCLE
Le colloque international « Penser la richesse des cinémas pauvres dans le monde au XXIe siècle » vise à interroger la singularité esthétique et politique du cinéma contemporain réalisé avec peu de moyens économiques, autant en termes de production, de forme, que de diffusion, en réunissant des chercheur·euses et des cinéastes.
Co-organisé par Claire Allouche (maîtresse de conférences en études cinématographiques, Université Grenoble Alpes) ;Émilie Lamoine (maîtresse de conférences en études cinématographiques, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Ariane Papillon (docteure en études cinématographiques, Université Paris 8) ; Paula Rodríguez Polanco (doctorante en études cinématographiques, Université Paris 8 Vincennes- Saint-Denis) et Natacha Seweryn (doctorante en études cinématographiques, Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis).
Ce colloque aura lieu les 1er, 2 et 3 décembre 2026 à Paris (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et à Grenoble (Université Grenoble Alpes), en partenariat avec la Cinémathèque de Grenoble.
Cinéma de quartier est une proposition de l’association des films de la Villeneuve, en collaboration avec la Cinémathèque de Grenoble, et en partenariat avec Émergences, News FM, le Centre des arts du récit (Théâtre Prémol) et l’Université Grenoble Alpes.
Ce projet est soutenu par le CNC, la Ville de Grenoble, Grenoble Alpes Métropole, la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.
Passage du Palais de Justice
38000 Grenoble
