LE MAUDIT FESTIVAL

Publiée le 20 janvier 2020

Cinémathèque

LE MAUDIT FESTIVAL

Du 16 au 26 janvier

Étrange parcours que celui du cinéma de genre. De culture populaire, prolétaire même, héritier cinématographique du roman de gare et de la littérature pulp, cantonné aux salles de quartier fréquentées par les couches les plus paupérisées de la population et honni par la bonne société pour oser faire appel à la pulsion plutôt qu’à la réflexion, il est devenu une niche parmi d’autres. Défendu par un public de plus en plus restreint, de plus en plus spécialisé, de plus en plus sectaire aussi… Simple objet de collection pour les uns… et d’amusement pour les autres, riant avec une condescendance mêlée de dédain de ses outrances ô combien dépourvues d’élégance. Une place au final bien confortable pour tout le monde… à l’exception de ce cinéma lui-même, qui à nos yeux, méritait d’être défendu et défini non pas par son seul statut, mais également par ses mérites intrinsèques.

Alors, comment sortir de cette situation, et ouvrir plus largement les portes de ce temple qui n’en a jamais été un, pour en faire découvrir la richesse au plus grand monde ? Peut-être tout simplement en en montrant la diversité, mais également, osons le mot, la pertinence à refléter les différentes époques qui l’ont vu naître et s’épanouir. Et peut-être en tentant de montrer aussi que ses frontières sont bien plus poreuses que ne veulent le reconnaître les uns et les autres, et que la différence entre simple support de divertissement et œuvre d’art ne tient parfois que dans le regard du spectateur. C’est en tout cas, ce que nous avons, à notre modeste échelle, tenté de démontrer à travers les films que nous présentons dans le cadre de ce partenariat avec la Cinémathèque de Grenoble

Tandis qu’ils abordent le statut de la femme dans l’écrin du cinéma d’action taïwanais des années 60 à 80, comme Typhoon (1962) issu de la rétrospective Le cinéma de (mauvais) genre taïwanais présentée au printemps 2019 à la Cinémathèque de Paris, et que viendra nous dévoiler sa curatrice Wafa Ghermani, ils revisitent par ailleurs les contes et légendes chinois ancestraux par le biais de la modernité farouche du cinéma martial hongkongais d’avant la rétrocession, comme dans The Bride With White Hair (1993) de Ronny Yu.

Autre continent (l’Océanie !), autres rivages. Dans Long Weekend (1978), de Colin Eggleston, le film d’attaque animalière, genre bis par excellence, sert de prisme pour observer simultanément la désintégration d’un couple et celui du rapport de l’homme à la nature. Dans Wake in Fright (1971), de Ted Kotcheff, c’est le cliché de l’individu instruit plongé dans un milieu brutal et sauvage qui se retrouve subverti, pour mieux montrer que la masculinité toxique et l’esprit de meute s’épanouissent avec la même emprise pour tous, peu importe le milieu social de naissance

Dans Bubba Ho-Tep (2002) de Don Coscarelli enfin, ce sont les thèmes du vieillissement et du sentiment d’inadéquation qu’il peut parfois faire naître qui se retrouvent auscultés, par le biais d’une alliance improbable entre un Elvis défraîchi et un JFK ayant changé de couleur de peau, réunis pour combattre une antique momie égyptienne venue voler leur âme… Preuve s’il en est qu’au-delà des apparences, le cinéma de genre a bien des choses à dire et à montrer… pour peu que sa chance lui soit laissée. C’est là, le modeste, mais à nos yeux vital objectif que nous nous sommes fixés pour cette première édition du Maudit Festival.

Par l’équipe du Maudit Festival.

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