Édito de la Cinémathèque de Grenoble
Septembre – décembre 2026
Poésies de l’ordinaire
Chaque saison est une invitation à déplacer le regard. Non pour fuir le monde, mais pour mieux l’habiter. Quand tout semble devoir être immédiat, spectaculaire ou exceptionnel, quand l’actualité nous entraîne dans un flux continu d’images et de réactions, le cinéma nous offre un temps différent. Celui de regarder vraiment. Un visage. Une rue. Un repas. Une conversation. Un silence. Tout ce qui, à force d’être familier, finit par devenir invisible. Choisir de consacrer une saison aux Poésies de l’ordinaire, ce n’est pas détourner le regard des bouleversements du monde. C’est faire le pari que nos existences se construisent aussi dans ce qui ne fait pas événement : les liens qui nous unissent, les lieux que nous habitons, les fragilités que nous partageons, les gestes qui se répètent et qui, silencieusement, nous façonnent. Plus que jamais, une cinémathèque est un lieu où l’on prend le temps. Le temps de voir des œuvres, bien sûr, mais aussi celui de partager des récits, de les discuter et de réapprendre, ensemble, à regarder.
Anaïs Truant, Cinémathèque de Grenoble
