L’invitation au voyage

Publiée le 04 janvier 2022

Cinémathèque

Changer la vie

L’invitation au voyage… C’est par cette rêverie toute baudelairienne que nous ouvrons l’année 2022, celle où tous les espoirs d’évasion nous sont permis. Mais comment repousser les limites du quotidien ?

En rêvassant, bien sûr, comme nous le montrent, avec la puissance évocatrice du cinéma muet, les films de Germaine Dulac et René Clair, ou, plus tard, le tendre burlesque de Pierre Étaix. Tiens, on peut aussi s’évader en faisant un grand voyage intérieur : rétrospectif (Jim Jarmusch, Agnès Varda), et pourquoi pas – Saint-Valentin oblige – érotique (Nagisa Oshima).

Il faut bien avouer que c’est le fantasme préféré des jours froids : aller au bout du monde (ou vers le Sud, en Chevrolet, comme chez Alain Cavalier), pour assouvir ses moindres désirs… tout quitter pour changer de vie et se réinventer dans un nouveau lieu (Djibril Diop Mambéty). Qu’en est-il de la nécessité de tout reconstruire à l’identique, mais ailleurs (Josef von Sternberg, Karolis Kaupinis) ? Et l’amour, peut-on recoller l’amour de loin (Wong Kar-wai, Guy Gilles) ?

Mais plutôt que de tout plaquer, on peut, comme dans les Lettres persanes de Montesquieu, imaginer un univers autre qui mette en lumière les échecs de notre présent (Riad Sattouf, Jean Rouch). Puisque, bon, il faut bien se le dire : le voyage n’est pas toujours une réussite, loin de là. C’est souvent la galère (Jacques Rozier), ou la découverte du cauchemar de la condition d’exilé (Aki Kaurismäk), ce fâcheux sentiment de bannissement interminable, auquel on survit grâce à l’humour, ultime politesse du désespoir (Raoul Ruiz).

Au-delà du danger du périple (James Gray), ce qui guette le voyageur imprudent est aussi l’immobilité ailleurs (Sofia Coppola), l’ennui (Chantal Akerman), et même l’impossibilité d’un retour (Adolfas et Jonas Mekas).

Alors, si l’on est d’humeur vagabonde, parfois vaut-il mieux se laisser embarquer par les films de cinéastes voyageurs (Chris Marker, Vincent Moon). Enfin, c’est connu : il n’y a que le cinéma qui nous permette de nous envoler (Jean Grémillon), ou de prendre le large avec d’improbables gangsters (Hugo Santiago). Emmenez-nous, s’il vous plaît, à bord d’un paquebot avec Melvil Poupaud (Lucie Borleteau) !

Au loin, en toute liberté, tout y parlerait à l’âme sa douce langue natale… Celle du cinéma, naturellement.

Gabriela Trujillo, directrice de la Cinémathèque

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