Rendez-nous Marco Ferreri

Publiée le 04 janvier 2022

Cinémathèque

Reprises, restaurations

Après le Festival de Bologne, l’Arsenal de Berlin, la Cineteca de Catalogne, la Cinémathèque française et de nombreux festivals autour du monde, la Cinémathèque de Grenoble rend un modeste hommage à un maître mésestimé du cinéma mondial. Mais qui est donc ce Marco Ferreri ?

Né à Milan en 1928 (la même année que Stanley Kubrick, par exemple), Ferreri a dirigé plus de trente-cinq films en près de quarante ans de carrière.

Après des études de vétérinaire et un début de carrière en Espagne où il dirige trois films qui le rendent déjà célèbre en Europe, le cinéaste retourne en Italie au début des années soixante. Il y découvre l’élan d’une modernité d’après-guerre dont il ne tardera pas à dénoncer les failles. Son premier film italien, Le Lit conjugal (1963) s’attire, comme La ricotta de Pasolini la même année, les foudres de l’État italien. Le film est malgré tout présenté au Festival de Cannes, où Marina Vlady obtient le prix d’interprétation pour cette parabole terrible du désir de maternité comme norme, un film où le mariage ne peut se bâtir qu’à l’ombre du Vatican, sur les ruines de l’heureuse volupté de l’homme. Son partenaire, l’inoubliable acteur Ugo Tognazzi incarne par la suite d’autres personnages de l’univers ferrerien, dont le monstrueux Antonio du Mari de la femme à barbe (1964), l’impresario qui épouse une femme (interprétée par l’extraordinaire Annie Girardot) atteinte d’hypertrichose, dont on ne sait jamais s’il l’a aimée ou exploitée comme bête de foire – le génie de Ferreri étant de suggérer que, probablement, cela revenait au même.

Viennent ensuite les années de création constante, l’exploration de la couleur, le travail avec d’autres acteurs phare : Marcello Mastroianni, Catherine Deneuve, et la première collaboration avec Michel Piccoli, immense acteur qui deviendra son producteur et ami.

Michel Piccoli, on le découvre dans le chef d’œuvre absolu qu’est Dillinger est mort (1968). Sa présence gracieuse et énigmatique confirme que si jamais, entre désir et désespoir de l’homme moderne, il y eut un cinéma de l’absurde, c’est Ferreri qui l’a porté à son sommet.

Suivront d’autres succès, d’autres échecs, le scandale de La Grande Bouffe… mais ça, c’est une autre histoire, que nous aurons l’occasion de raconter une autre fois. Ferreri a signé une œuvre furieuse et lucide – une forme de sédition constante face aux impostures idéologiques de son époque. Ce qui n’allait pas sans déplaire…

Que ce début d’hommage à un cinéaste rare permette de le redécouvrir d’urgence !

Gabriela Trujillo, directrice de la Cinémathèque de Grenoble

Toutes les séances du cycle Rendez-nous Marco Ferreri

Le Mari de la femme à barbe de Marco Ferreri

Restaurations réalisées par le Laboratoire L’immagine ritrovata à Bologne et à Paris. Avec l’aide du CNC, de TF1 Studio et de la Cinémathèque de Bologne.

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