Revus & Corrigés | Piège pour Cendrillon

Publiée le 16 octobre 2020

Cinémathèque

REVUS & CORRIGÉS | ÉVÉNEMENT

PIÈGE POUR CENDRILLON
Vendredi 12 novembre à 20h au Cinéma Juliet Berto

Revus & Corrigés se consacre à l’actualité des classiques du cinéma, porté d’abord par sa revue trimestrielle papier, par ses différentes activités web et les nombreux événements organisés tout l’année. C’est maintenant à travers la distribution de films en salles, que Revus & Corrigés souhaite accompagner et valoriser la modernité de ces classiques du cinéma auprès des cinéphiles d’aujourd’hui.

Au milieu des années soixante, et à la suite de sa tétralogie judiciaire qui fit sa renommée entre 1950 et 1955 mais lui valut d’être également taxé de « cinéaste à thèse », André Cayatte cherche à renouveler son cinéma. Il est toujours aussi peu du goût de la critique française – notamment la Nouvelle vague. Lorsque Cayatte découvre le roman de Sébastien Japrisot sorti en 1962, Piège pour Cendrillon, il reconnaît l’essentiel des thématiques qui l’intéressent dans une histoire totalement extraordinaire, et en apparence éloignée du cinéma qu’il pratique d’habitude. Ceci va jusqu’à l’idée de ce personnage amnésique qui ne reconnaît plus sa personnalité. Le précédent film de Cayatte, est le diptyque conceptuel La Vie conjugale, Jean-Marc et Françoise, deux films sortis en même temps en 1964, sur le désagrégement d’un couple dont la perception est différente d’un volet à l’autre, selon qu’il s’agisse du point de vue masculin ou féminin. Ce film, comme Le Miroir à deux faces (1958) dans lequel Michèle Morgan voit changer sa personnalité après une opération de chirurgie esthétique, joue déjà sur la dualité et la double-facette de ces personnages.

Le roman de Sébastien Japrisot s’ouvre par un « Il était une fois… » préfaçant une ambiance de conte fantastique (d’où le titre, évidemment) que Cayatte et Anouilh, qui adapta à ses côtés le roman, conservent relativement peu. Le film s’inspire surtout de Sueurs froides (1958) d’Alfred Hitchcock, et de la nouvelle D’entre les morts (1954) de Boileau-Narcejac dont il est tiré. Cayatte amène dans l’œuvre de Japrisot ses thématiques fétiches, dont le contraste social entre Do et Mi, les deux jumelles-cousines-amies d’enfance bientôt confondues. De plus, Piège pour Cendrillon est certainement l’un des films les plus visuels de Cayatte pour lequel il s’entoure du chef-opérateur Armand Thirard (collaborateur de Maurice Tourneur, Anatole Litvak, Henri Verneuil…). Le visuel de Piège pour Cendrillon est sombre et torturé – jusqu’à un plan d’escalier vertigineux à la résonance largement hitchcockienne. Enfin, Cayatte et Thirard réfléchissent à des astuces esthétiques pour distinguer les facettes des personnages interprétés par Dany Carrel : plans truqués et doublures sont soigneusement calculés. En dépit de toute son originalité, Piège pour Cendrillon a été un échec de plus dans la carrière d’André Cayatte, critique – seuls quelques journalistes ont loué l’inventivité du film et son côté hitchcockien ou clouzoesque – et commercial. Il n’est passé qu’une unique fois à la télévision, en juin 1973, avant d’être définitivement bloqué par Sébastien Japrisot.

Nous avons découvert Piège pour Cendrillon au festival Lumière, en 2019 ; coup de foudre avec le film, alors que grâce au travail de l’Institut Lumière, on était en pleine découverte d’André Cayatte – ses grandes et plus petites œuvres. Après sa séance, Piège pour Cendrillon divise avec vivacité. Cayatte fait de nouveau débat ! C’est un film dont on a envie de montrer la singularité au cinéma sous l’égide Revus & Corrigés, profitant de sa quasi invisibilité depuis sa sortie en salle. Pour Revus & Corrigés, c’est l’occasion parfaite de profiter de notre expérience événementielle de ces deux dernières années et en poursuivant également notre logique éditoriale.

Eugénie Filho,
Directrice de publication à Revus & Corrigés

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Réduit | 5,50 €
Moins de 14 ans | 4 €
Carnet 6 séances | 30 € (valable sur la saison)
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